
Tout savoir sur le Noma : manifestations, causes, prévention et traitement.
Qu’est-ce que le Noma ?
Le Noma, également appelé cancrum oris ou stomatite gangreneuse, est une maladie grave qui affecte la bouche et le visage. Il s’agit d’une infection opportuniste à évolution très rapide, qui provoque une destruction progressive des tissus mous et, dans les formes avancées, des tissus osseux du visage.
La maladie débute généralement par une inflammation ou une infection des gencives. En l’absence d’une prise en charge rapide, elle peut évoluer vers une gangrène qui détruit les tissus de la bouche, des lèvres, des joues, du nez et parfois d’autres structures du visage.
Le Noma touche principalement les jeunes enfants âgés de 2 à 6 ans, vivant dans des conditions de grande précarité, souffrant de malnutrition ou présentant un affaiblissement de leur système immunitaire. Il peut également toucher certains adultes immunodéprimés.
Le Noma est une maladie infectieuse, mais il n’est pas contagieux : il ne se transmet pas directement d’une personne à une autre.
Depuis décembre 2023, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a inscrit le Noma sur la liste des maladies tropicales négligées.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque du Noma ?
Le Noma est associé à l’action de plusieurs micro-organismes présents dans la cavité buccale, qui peuvent devenir dangereux lorsque les défenses naturelles de l’organisme sont fortement affaiblies.
Son apparition résulte généralement de la combinaison de plusieurs facteurs de vulnérabilité.
Les principaux facteurs de risque sont :
- La malnutrition :
- une alimentation insuffisante ou déséquilibrée, notamment lorsqu’elle entraîne des carences nutritionnelles importantes, affaiblit les défenses immunitaires de l’enfant et augmente sa vulnérabilité aux infections.
- La mauvaise hygiène bucco-dentaire :
- une hygiène insuffisante de la bouche et des dents favorise les infections des gencives et le développement de lésions buccales.
- Les infections préexistantes :
- certaines maladies infectieuses, notamment la rougeole, le paludisme et les infections diarrhéiques, peuvent affaiblir l’organisme et favoriser l’apparition du Noma chez les enfants vulnérables.
- L’affaiblissement du système immunitaire :
- les enfants souffrant de malnutrition sévère ou de certaines maladies affectant leurs défenses immunitaires présentent un risque accru.
- La pauvreté et les conditions de vie précaires :
- le manque d’accès à une alimentation suffisante, à l’eau potable, à l’assainissement et aux services de santé constitue un facteur important de vulnérabilité.
- L’accès limité aux soins de santé :
- l’absence de consultations régulières, le retard dans la prise en charge des infections buccales et le manque d’information contribuent à l’évolution de la maladie.
Quels sont les signes et manifestations du Noma ?
Le Noma évolue rapidement. Il est donc essentiel de savoir reconnaître les premiers signes afin d’orienter immédiatement l’enfant vers une structure sanitaire.
Les principaux signes d’alerte sont :
- Des gencives rouges, gonflées et douloureuses ;
- Des saignements spontanés ou lors du contact avec les gencives ;
- Une mauvaise haleine particulièrement forte et inhabituelle ;
- Une salivation excessive ;
- Des plaies ou des ulcérations à l’intérieur de la bouche ;
- Une douleur buccale et des difficultés à s’alimenter ;
- Une fièvre et une altération de l’état général ;
- Un gonflement du visage, notamment au niveau de la joue ou des lèvres.
Lorsque la maladie progresse, les tissus du visage peuvent être rapidement détruits, laissant apparaître des plaies profondes et des perforations.
Quels sont les différents stades d’évolution du Noma ?
Selon la classification de l’Organisation mondiale de la Santé, le Noma évolue en six stades cliniques, allant des premières inflammations des gencives jusqu’aux séquelles définitives.
- Stade 0 : Gingivite simple
- Il s’agit d’une inflammation des gencives. Elles deviennent rouges, parfois gonflées et sensibles. Ce stade constitue un signal d’alerte, particulièrement chez les enfants vulnérables.
- Stade 1 : Gingivite nécrosante aiguë
- Les gencives deviennent douloureuses, saignent facilement et présentent des lésions ulcéreuses. Une mauvaise haleine caractéristique peut apparaître.
- Stade 2 : Œdème (gonflement)
- Un gonflement important apparaît au niveau du visage, généralement autour de la bouche ou des joues. L’enfant peut présenter de la fièvre, des douleurs et une altération de son état général.
- Stade 3 : Gangrène
- C’est le stade le plus destructeur de la maladie. Les tissus du visage commencent à mourir et peuvent être détruits rapidement. Des perforations peuvent apparaître au niveau des joues, des lèvres et d’autres parties du visage.
- Stade 4 : Cicatrisation
- Chez les enfants qui survivent, les lésions commencent à cicatriser. Toutefois, les destructions tissulaires peuvent laisser des cicatrices importantes et des déformations du visage.
- Stade 5 : Séquelles
- Les survivants peuvent présenter des séquelles esthétiques et fonctionnelles importantes : difficultés à ouvrir la bouche, à manger, à parler, à respirer ou à voir, selon les zones touchées. Une prise en charge chirurgicale réparatrice et une rééducation peuvent être nécessaires.
Comment prévenir le Noma ?
La prévention du Noma repose principalement sur l’amélioration de l’état nutritionnel des enfants, une bonne hygiène bucco-dentaire, la vaccination, le suivi médical et l’amélioration des conditions de vie.
Voici les principales mesures de prévention :
- Assurer une alimentation suffisante et équilibrée : privilégier des aliments variés et nutritifs, riches en protéines, vitamines et minéraux, notamment le poisson, les œufs, les viandes, les légumes, les fruits et les légumineuses.
- Promouvoir l’allaitement maternel : encourager l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois, lorsque cela est possible, puis une alimentation complémentaire adaptée.
- Maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire : apprendre aux enfants à se brosser les dents au moins deux fois par jour avec un dentifrice fluoré adapté à leur âge.
- Veiller à l’hygiène corporelle : assurer l’accès à l’eau potable, au lavage régulier des mains et à un environnement propre.
- Assurer le suivi médical des enfants : consulter régulièrement les professionnels de santé et traiter rapidement les infections et les maladies infantiles.
- Respecter le calendrier vaccinal : veiller notamment à la vaccination contre la rougeole et les autres maladies évitables par la vaccination.
- Lutter contre les tabous alimentaires : éviter les interdictions alimentaires injustifiées qui privent les enfants de nutriments essentiels.
- Renforcer l’information des communautés : sensibiliser les familles sur les premiers signes du Noma et l’importance d’une consultation précoce.
La prévention du Noma nécessite également une mobilisation des familles, des communautés, des professionnels de santé et des organisations engagées dans la protection de l’enfance.
Quelle conduite tenir face à un enfant présentant des signes de Noma ?
Le Noma est une urgence médicale. Son évolution peut être extrêmement rapide et chaque retard dans la prise en charge peut compromettre les chances de guérison de l’enfant.
Face à un enfant présentant des signes évocateurs de cette maladie, il faut :
- Se rendre immédiatement dans le centre de santé ou l’hôpital le plus proche ;
- Ne pas attendre l’apparition d’une plaie profonde ou d’une perforation du visage avant de consulter ;
- Ne pas cacher l’enfant par honte, peur ou crainte du regard de la communauté ;
- Ne pas recourir à l’automédication ou aux traitements traditionnels susceptibles de retarder les soins ;
- Veiller à ce que l’enfant bénéficie d’une alimentation et d’une hydratation adaptées, selon les conseils du personnel médical ;
- Suivre rigoureusement les prescriptions et les recommandations des professionnels de santé ;
- Contacter une organisation spécialisée pour obtenir des informations sur les possibilités d’accompagnement.
Quels sont les traitements du Noma ?
Le Noma peut être traité, surtout lorsqu’il est détecté à un stade précoce.
La prise en charge dépend du stade d’évolution de la maladie et de l’état général de l’enfant.
Elle peut comprendre :
- Le traitement médical :
- administration d’antibiotiques prescrits par un médecin, soins locaux et antiseptiques adaptés afin de contrôler l’infection.
- La prise en charge nutritionnelle :
- correction de la malnutrition et accompagnement nutritionnel pour aider l’organisme à retrouver ses défenses naturelles.
- Les soins bucco-dentaires :
- amélioration de l’hygiène buccale et traitement des infections de la bouche et des gencives.
- La chirurgie réparatrice :
- dans les formes avancées, des interventions chirurgicales peuvent être nécessaires pour réparer les tissus détruits, améliorer l’ouverture de la bouche et restaurer certaines fonctions du visage.
- La rééducation et l’accompagnement psychosocial :
- orthophonie, rééducation fonctionnelle, accompagnement psychologique et soutien à la réinsertion sociale peuvent être indispensables pour les survivants.
Une prise en charge précoce peut permettre d’arrêter l’évolution de la maladie et d’éviter des destructions importantes du visage.
Comment EMERGENZA SORRISI BENIN lutte-t-elle contre le Noma ?
L’ONG EMERGENZA SORRISI – DOCTORS FOR SMILING CHILDREN – BENIN (ESDFSCB) s’engage dans la lutte contre les malformations faciales et les pathologies invalidantes du visage, notamment le Noma.
À travers ses actions sanitaires, sociales et d’information, l’ONG contribue à améliorer l’accès des enfants et des populations vulnérables à la prévention, à l’orientation médicale et aux soins spécialisés.
Ses interventions portent notamment sur :
- La sensibilisation des populations sur le Noma, ses facteurs de risque et ses manifestations ;
- L’information des parents sur l’importance de l’hygiène bucco-dentaire et d’une alimentation équilibrée ;
- Le repérage précoce des personnes présentant des signes évocateurs de la maladie ;
- L’orientation des enfants vers les structures sanitaires compétentes ;
- La facilitation de l’accès aux soins spécialisés et aux interventions chirurgicales lorsque celles-ci sont indiquées ;
- L’accompagnement social des enfants et de leurs familles ;
- La lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes atteintes ou ayant survécu au Noma.
L’ONG encourage également la collaboration avec les professionnels de santé, les structures hospitalières et les partenaires engagés dans la prévention et la prise en charge du Noma.
Vous connaissez un enfant présentant des signes évocateurs du Noma ? N’attendez pas que la maladie évolue. Consultez immédiatement une structure sanitaire et contactez notre organisation pour obtenir des informations sur les possibilités d’orientation et d’accompagnement.
Contacts EMERGENZA SORRISI BENIN :
Téléphone : +229 97 64 53 62 / +229 95 48 96 97
Nos objectifs dans la lutte contre le Noma
- Objectif général
- Contribuer à la prévention du Noma, à son repérage précoce et à l’amélioration de la prise en charge médicale, nutritionnelle, sociale et fonctionnelle des enfants et des personnes vulnérables au Bénin.
Objectifs spécifiques
- Sensibiliser les familles et les communautés sur les causes, les facteurs de risque et les signes précoces du Noma ;
- Promouvoir une alimentation équilibrée et adaptée aux besoins nutritionnels des enfants ;
- Encourager les bonnes pratiques d’hygiène bucco-dentaire et corporelle ;
- Renforcer l’information des parents et des professionnels de santé sur la reconnaissance précoce de la maladie ;
- Favoriser l’orientation rapide des enfants présentant des signes évocateurs vers les structures sanitaires compétentes ;
- Faciliter l’accès aux soins médicaux et chirurgicaux adaptés ;
- Accompagner les survivants du Noma dans leur réadaptation et leur réinsertion sociale ;
- Lutter contre les croyances erronées, la stigmatisation et les discriminations liées à cette maladie.
ENSEMBLE, AGISSONS POUR ÉRADIQUER LE NOMA !
Le Noma n’est ni une malédiction, ni une fatalité. C’est une maladie grave, mais évitable et traitable lorsqu’elle est détectée à temps.
Aucun enfant ne devrait mourir ou vivre avec les conséquences d’une maladie qui peut être prévenue et prise en charge.
Prévenir, informer, repérer tôt, orienter et soigner : ensemble, sauvons des vies et redonnons le sourire aux enfants !
EMERGENZA SORRISI BENIN – Pour que chaque enfant puisse sourire.
